
A ma première visite chez André, il me reçut dans la pièce de vie du bâtiment d'habitation de la ferme. Sa stature me surprit compte tenu de son âge avancé. J'avais du imaginer un vieillard que le poids d'un siècle aurait tassé et diminué. Je ne vis que son franc sourire, ses yeux pétillants, puis sa main tendue. Il se déplaça vers une chaise et je remarquais qu'il s'aidait d'une canne. Il me pria de m'asseoir en face de lui, à la table de cuisine. C'est ainsi qu'au fil des mois où il allait se dire, nous allions nous retrouver dans ce face à face des coeurs, cette relation unique et privilégiée de confiance qui permet de libérer les souvenirs.